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Le premier ou La Ligne de Israël Horovitz

Adaptation: Alougbine Dine

"Quand bien même la panthère est crottée, il ne revient pas au chien de le dire, aussi le chien ne devrait pas lever le ton devant le cheval à l'assemblée des coureurs". Nous voilà de plein pied avec ces proverbes Yoruba, dans les idées, les analogies caractérisant la satire en art dans la culture vodùn.

Tenez ! Prenons une chanson chez un musicien Yoruba, Goun, Fon ou Mina, qu'il soit traditionnel ou moderne, nous y retrouverons les traces de ces satires. Les masques Nago des groupes rivaux à la fête lwé de Kétou au Bénin en disent encore plus long. En outre, Porto-Novo dont je suis originaire est né sous le signe géomantique (Fâ) de la rivalité. C'est donc dans cet esprit que j'ai abordé la mise en scène du "Premier", que j'ai baptisé "La Ligne" pour des raisons scénographiques et esthétiques. Ainsi, ma ligne à moi n'est pas une bande adhésive à terre, comme Horovitz l'a prévu, mais une bande élastique blanche, verticale telle un phallus. Et au fond, beaucoup d'autres lignes qui se croisent, s'entrechoquent et collusionnent.

Avec La Ligne, j'ai essayé de renouer les liens créatifs avec mon pays après douze ans d'absence. Avec la complicité de mes coi-nédiens, j'ai fait la part belle au public béninois en lui servant son plat préféré, fait de compétition, de satire et de rivalité. Ils se sont bien régalés de Cotonou à Parakou, en passant par Ouidah et Abomey pour finir à PortoNovo le 27 mars, journée internationale du théâtre. C'était le comble, le plus grand public au Palais Honmé de tout le FITHEB. C'était les retrouvailles, une fête qui a commencé depuis dix heures avec un petit carnaval pour finir très tard dans la nuit par un cocktail, la danse, après la représentation du "Premier". Une pièce pour laquelle j'ai eu un coup de foudre dès la première lecture dans un "Avant-Scène", et que j'ai vu ensuite jouer par une jeune compagnie française à Avignon.

Le Premier ou La Ligne, une pièce américaine qui se trouve encore plus belle habillée de ma culture, à en croire le public béninois. Alors, je vous invite, public d'ailleurs, à être le premier à la queue de La Ligne dès qu'elle sera chez vous. Venez vous laisser envoûter par notre musique. Nous n'avons pas besoin d'instrument, la musique est dans vos coeurs...

Alougbine Dine

 

Quelle farce que de parvenir à tout prix !

"Le premier" ou La Ligne est l'histoire de gens qui cherchent à se voler la première place d'une file d'attente. un miroir social reflétant avec humour et gravité la détermination et l'hypocrisie de l'homme dans son désir ou combat quotidien de parvenir dans la vie. On passe très vite du rire à l'émotion et de l'amusement à caeur joie à!a pitié à coeur serré. Pour Claude Roy, l'art d'Israël Horovitz- est à sa perfection dans "économie: économie d'interprètes (avec peu de personnages il peut évoquer tout un peuple), économie de mots (l'arrière-texte chuchote longuement comme les vagues derrière la plus brève réplique)... La présente mise en scène au FITHEB 97 de La Ligne nous donne la mesure du génie d'adaptation et de création d'Alougbine Dine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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